Deux colocs à la métropole
Nous appartenions tous les deux à des familles d'origine européenne installées depuis longtemps à Friburgo, une ville de l'État de Rio de Janeiro incrustée dans les montagnes. Nous venions de passer le vestibular (le concours qui permet d'accéder à l’université) et il était temps de déménager à la cidade grande, la grande ville, la métropole, où se trouvait l'université pour laquelle nous fûmes sélectionnés et dont le diplôme était reconnu partout dans le pays. Nous arrivâmes à Rio une quinzaine de jours avant de commencer notre cours de génie civil, juste à temps de louer un petit appartement situé tout près de l'université d'État, dans une rue très laide, très passante et dénudée de toute végétation. C'était un studio meublé dont l’unique fenêtre n’invitait qu’à regarder vers le ciel, seul privilège du dernier étage de ce vieil immeuble sombre et mal entretenu. Mais les cours commencraient bientôt et un travail acharné nous serait exigé pour essayer de rattraper le retard causé par douze années d'études en école de province. On n’avait donc pas le temps de nous attarder sur le manque de charme de notre demeure.
Au début, nous travaillions fort pendant tout le temps libre, y inclus les congés et les weekends. Peu à peu, cependant, la fatigue nous exigea un minimum de distraction. Nous regardions la télé en discutant de toutes sortes de sujets, notamment la difficulté que nous éprouvions à faire de nouvelles connaissances et tout spécialement celle des filles. Amis intimes depuis l’enfance, nous ne nous gênions pas d'avouer nos excès d’activité solitaire, requise, prétextait-on, pour combler le manque absolu d'une saine vie amoureuse, manque qui durait déjà trois mois.
C'est lors d'une de ces conversations, un jour où nous étions particulièrement énervés par le vide érotique de nos vies que me vint l'idée de proposer à Didier – c’était son nom – que nous exposions la proportion de notre désarroi. Nous étions assis dans le canapé et il nous suffit de baisser un peu nos shorts de pyjama pour mettre à nu la manifestation physique de notre manque. Lorsque mon membre libéré vint se coller contre mon ventre, il était déjà tout gonflé et pulsant. Un tiers du gland forçait le passage par l'extrémité du prépuce et du méat jaillissait le fluide qui se mit tout de suite à former une petite flaque sur laquelle le gland tapait en soulevant des fils argentés qui se détachaient à chaque cycle de raidissement de ma queue. Je remarquai que Didier suivait tout ça en évitant précautionneusement de rendre trop explicite sa curiosité. De ma part, je regardais sans gêne ses parties intimes exposées, que d'ailleurs j'avais déjà vues à maintes occasions, à Friburgo, chez lui ou même au club de gym où nous nous exercions et nagions.
Didier possédait un pénis d'environ dix-sept centimètres dont le gland se déployait dans toute sa splendeur de sexe circoncis, deux aspects, d’ailleurs, que je lui enviais secrètement. Son pubis était tapissé d'une fine couche de poils châtains, mais je voyais que son scrotum avait été soigneusement rasé. Quant à moi, je me rasais complètement, car mes poils étant très longs, j'avais l'impression que, lorsqu'il était vide et mou, mon pénis se perdait dans une dense forêt pileuse. Je ne me privai donc pas de regarder longuement ce gros gland dégainé qui oscillait comme le tract incandescent d’une catapulte au-dessus du ventre de mon ami. Je me souviens de m’être dit que nous étions là, à ne rien faire, en cette énième soirée de vendredi et qu’il n’y aurait pas tort d’essayer de nous soulager un peu mutuellement. L'ennui était que ne pouvant pas savoir si Didier pensait comme moi, le courage me manqua d’oser une proposition aussi insolite. Nous mîmes donc fin à cette séance de défoulement, moi un peu frustré, lui plutôt gêné.
Mais le fait est que nous nous sentions plus solitaires que jamais e que l'exercice auquel nous nous étions livrés nous sembla salutaire, car le lendemain, cet inoubliable samedi du même weekend, nous nous remîmes à la tâche à peu près à la même heure et au même endroit. Une fois nos membres déployés sur nos ventres, je savais que le pas suivant réclamerait du courage, et je me préparais à en prendre l’initiative lorsque – quelle ne fut ma surprise – Didier posa sa main sur mon sexe et l’empoigna fermement en le serrant très fort et en me défiant du regard. J'eus un sursaut d'excitation, mais j'avais à peine esquissé un mot qu'il s'adonnait déjà à une vigoureuse masturbation dont le résultat fut si intense et le produit si abondant que j’en eus jusqu’aux cheveux.
Pendant que, tout haletant, je m'étonnais encore de son audace, Didier saisit ma main et chercha du regard mon consentement pour la poser sur son sexe. C'était à mon tour de lui procurer le même plaisir dont il venait de me combler avec tant d’aisance. Sa queue frémissante chatouillait la paume de ma main gauche. En la serrant entre mes doigts, je pus pour la première fois en faire une évaluation réaliste. Forme, tension, chaleur, dureté, épaisseur, humidité, odeur, toutes ces perceptions inondèrent mon être. La peau lisse et mobile glissait sur ce corps qui avait la rigidité du bois. Le gland d'un rose qui tendait au violet se déployait généreusement comme pour empêcher le prépuce de le bâillonner en avançant. Didier regardait fièrement ma main lorsque j'entamai les mouvements réguliers de la masturbation. En quelques instants, il éjaculait à son tour et projetait une quantité impressionnante de sperme en jets que je dirigeai intentionnellement vers son visage, en le taquinant. Il ne se détourna pas, permettant que de longs traits blanchâtres coulassent de ses joues, de son nez, de ses lèvres. Amusé, il empêcha la chute d'une grosse stalactite laiteuse qui lui pendait du menton et l'avala d'un trait en grimaçant. Il se leva, trempé, le membre ballant, pour se diriger à la salle de bain.
La découverte que nous pouvions soulager mutuellement quelques-uns de nos besoins les plus pressants fut précieuse pour les deux colocataires solitaires que nous étions toujours après cinq mois dans l'immense et chaotique Rio. Les cours à l'université se déroulaient ardument pour nous, mais nous arrivions tant bien que mal à nous débrouiller pour réussir nos travaux pratiques. Du lundi au jeudi, nous gérions nos pulsions plus facilement en solo, mais les vendredis étaient plus éprouvants, car nous étions bien conscients d'être les seuls à rester à la maison pendant que la Cidade maravilhosa, la Ville merveilleuse, était en pleine effervescence. Les quelques invitations que nous recevions n'avaient pas encore pu nous persuader à vaincre nos barrières de petits provinciaux. Nous craignons d'être ridiculisés par les collègues encore mal connus ou, pire, par les filles! Nous nous limitions donc à quelques incursions aux plages de la Zona Sul – Copacabana, Ipanema et Leblon – pendant la journée, quitte à rentrer chez nous dans un état d'excitation excessif par la vue de toutes ces femmes aux corps parfaits qui se bronzaient à moitié nues sur le sable brûlant ou qui se trémoussaient aux accords du samba, du funk ou du hip-hop.
Vers un peu plus de liberté
Oui, je me souviens que c'était encore une fois un vendredi soir. Nous étions rentrés d'une longue matinée passée à la plage suivie d'un déjeuner chez Lamas, un restaurant très ancien et surtout pas trop cher, situé au quartier Flamengo. Il faisait beau, l'air était toujours moins pollué les week-ends et le ciel était d'un bleu profond. Nous rentrâmes vers six heures et, comme d'habitude, ne prévoyions pas de ressortir. Je traversai la kitchenette, seul et bizarre accès à la salle de bain dotée de douche, cuvette et lavabo. Nous avions pris l'habitude de laisser la porte ouverte pour bavarder pendant le bain. Didier était venu siroter à la cuisine le contenu de la canette de Coca-Cola qu'il avait achetée en rentrant. Nous reprîmes bien sûr le seul sujet de conversation susceptible d’abréger notre long retour en bus: les femmes à la plage. S'il était vrai que les filles de chez nous portaient à la piscine les marques et modèles à la mode de maillots de bain, le simple fait que ce n'étaient pas des Cariocas, des natives de Rio, et que le décor n'était pas celui des plages de la Zona Sul changeait complètement la donne. À nos yeux, le corps et notamment les fesses et les seins des femmes gagnait à Rio une forme et un teint que nulle fille de province n’était en mesure d'afficher, que ce fût au prix de dix ans d'une persévérante fréquentation du club local!
La conversation allait bon train et, comme j'en ressentais les effets sous la douche, je me tournai de façon à épargner Didier le vain spectacle d'une érection. Hélas! ma manœuvre ne passa pas inaperçue et il me somma de me retourner, ce que je fis. « Ça nous ferait du bien d'être tout le temps nus à la maison, qu'en penses-tu? », me dit-il en me m'indiquant d'un mouvement de menton que j’avais toutes les raisons du monde d’en être d’accord. Je le regardai en souriant, gêné. Est-ce que la vision intégrale et quotidienne de nos corps masculins pourrait compenser tant soit peu nos fantasmes jusqu’alors irréalisables à l’égard du sexe opposé? Qui sait! Didier avait une jolie paire de fesses charnues et lisses, une queue toujours prête à la besogne et ce goût inlassable de l'érotisme. De mon côté je pouvais me vanter d'avoir un corps plus musclé, taillé par la pratique du sport. Je me dis que ça vaudrait le coup d'essayer. J'acquiesçai, donc, et Didier, qui était déjà torse nu, se débarrassa sur-le-champ de son bermuda et du slip. Une fois baigné et rafraîchi, je lui cédai la place sous la douce. En le croisant, j'eus droit à sa canette inachevée et à une retentissante claque aux fesses.
Lorsque nous étions tous les deux à la maison, nos journées se passaient au gré d’une activité laborieuse et très routinière. La plupart du temps, nous étions assis à la petite table carrée du sallon, aux prises avec le calcul différentiel et intégral, la résistance des matériaux, l’électricité ou la géométrie analytique. Les moments d’interruption étaient dictés normalement par la faim, mais aussi par la fatigue qui se manifestait sous forme de sommeil ou de perte de concentration. Alors nous nous écroulions dans le lit pendant de longues minutes ou bien nous nous penchions à la fenêtre pour contempler la maille d’épines quadrangulaires qui émergeaient de la peau urbaine pour s’étendre à perte de vue sous nos yeux. Le fait de nous être littéralement mis à nu avait contribué à rééquilibrer un peu nos pulsions érotiques. Si par hasard un moment d’excitation venait nous agiter l’esprit, nous nous l’avouions tout de suite et cela nous faisait simplement rire ou bien nous amenait à nous procurer ce plaisir mutuel si commode qui nous apaisait en cinq minutes et rétablissait l’équilibre et la concentration. Très vite, le comique de ces situations nous amusait et nous détendait à un point tel que nous ne ressentions plus la moindre gêne.
Pour dormir, nous nous relayions démocratiquement dans le lit gigogne, car le confort n'était pas le même pour les deux parties. De ma part, je trouvais agréablement excitant lorsque c'était au tour de Didier de prendre le lit à roulettes, plus bas, car je pouvais scruter à ma guise son corps livré au sommeil avant de m’endormir moi-même, et ces moments d’une observation jusqu’alors plutôt innocente me donnaient matière à réflexion. Lors d’éventuels réveils nocturnes, je le retrouvais chaque fois dans une position différente, parfois très sensuelle, voire érotique. Souvent, réveillé avant lui, je le surprenais en proie à une vigoureuse érection matinale. Je pense qu'il ne l'a jamais su. Au fur et à mesure que nous nous habituions à la nudité commune et à nous procurer le plaisir mutuel dont j'ai déjà rendu compte plus haut, les nuits passées sur ces lits échelonnés devenaient pour moi l'occasion d'un nouveau genre de satisfaction.
Je dois dire que je ne me voyais pas du tout comme un homosexuel, mais il est indéniable que notre intimité nous avait placés en position d’exception dans le classement des humains selon la sexualité. Devions-nous désormais nous reconnaître bisexuels? Il ne faisait aucun doute que, vu les circonstances, ce que j’éprouvais en regardant le les cuisses et les fesses de mon ami était à peu près comparable à ce que je ressentais en regardant celles des filles à la plage, et cela me faisait réfléchir non seulement aux limites de la solitude et du manque, mais aussi à la vraie nature de la sexualité humaine. Nous nous étions tournés l’un vers l’autre parce que ni l’un ni l’autre n’avait été capable, en six mois, d’entamer un quelconque rapport d’amitié à Rio, et encore moins avec des filles. C’était devenu commode d’assouvir entre nous nos besoins, mais jusqu’où cela pourrait aller? Après un certain temps, je ne me cachais plus que le plaisir que je tirais de nos petits jeux manuels me soulageait et détendait. Il n’en reste pas moins que la seule pensée de la fellation entre hommes m’avait toujours répugné! Encore que la pénétration me parût esthétiquement plus acceptable, qui de nous deux ferait quoi et dans quel ordre? En resterions-nous donc aux exercices masturbatoires des vendredis soir ou irions-nous plus loin? Telles étaient mes pensées, notamment les nuits des vendredis et samedis, lorsque j’allais me coucher après un bain dont le sens implicite ne pouvait être autre que celui d’une purification.
Aux montagnards que nous étions, les températures de Rio paraissaient toujours trop élevées, peu importe la saison. Nous étions arrivés en été et six ou sept mois plus tard, en plein hiver, notre habitude d’être nus à la maison ne nous causait le moindre inconfort. Bien au contraire, il nous arrivait de dormir à même le carrelage de la cuisine pour échapper au contact étouffant du matelas. Nul doute aussi que la chaleur s’était vite substituée à nos besoins intimes en tant que prétexte à cette nudité communautaire dans un espace aussi exigu. En arrivant à la maison, mon premier geste était de me débarrasser de mes vêtements pour aller directement prendre une douche fraîche. Je laissais à l’air bouillant la tâche de m’essuyer et je ne touchais à des vêtements que si j’avais prévu de ressortir. Didier faisait de même en arrivant, et c’est en toute naturalité que nous préparions nos repas nus, mangions nus, travaillions nus, regardions nus la télévision et allions nus nous coucher. Peu à peu mon regard cessa de se poser involontairement sur son sexe ou sur ses fesses pour retourner objectivement aux yeux. La plupart du temps, la cohabitation avec cet ami de longue date ne me faisait plus rien et je remarquai d’ailleurs la réciprocité de ce comportement. Nous vivions une espèce de nudisme à deux et cela me paraissait suffire à calmer nos instincts, du moins jusqu’à ce qu’une pulsion vînt sournoisement les éveiller et exiger de nous nos petites tactiques de survie. Alors nous nous livrions à notre jeu habituel et nous débarrassions en une quinzaine de minutes de l’incommode sensation du manque. Ce que nous n’imaginions pas, c’est que l'apparente maîtrise de nos instincts était loin d'être inébranlable.
Mère Nature reprend ses droits
C’était vers l’heure du petit-déjeuner, un jour où nous n’avions pas cours ou un samedi, je ne m’en souviens plus exactement. Didier préparait des œufs brouillés, à poil devant la cuisinière. De la porte, je le regardais faire en observant ses jolies fesses rebondies s’agiter légèrement au gré des mouvements du bras qui tenait la poêle. En sentant ma présence, il me salua d’un coup d’œil bref. « Quoi? », fit-il en souriant. Cela n’avait duré pas plus qu’une fraction de seconde, mais je pus remarquer que son regard s’était posé sur mon sexe, qu’à ce moment-là je cachais d’une main pour occulter un léger redressement qui me semblait déplacé. En fait, c’était pour moi un de ces moments où les pulsions commandaient tout mon être. J’étais franchement excité à la vision de ce dos que je ne quittais plus des yeux. Sans mot dire et guidé par le seul instinct, je fis deux pas en avant pour aller me coller à Didier en le tenant légèrement par les hanches. Je soulevai ma queue pour la poser verticalement contre ses fesses. Mon gland pointé vers le haut se gonfla instantanément et se mit à pulser. Ne pouvant quitter sa poêle, Didier se limita à réagir d’un petit bond vers l’avant sans pourtant rien me dire ou faire qui me fît reculer. « Laisse… s’il te plaît. » susurrai-je d’une voix suppliante. Tout de suite après, je pus sentir la relaxation de ses muscles. Son opposition céda, probablement parce que notre accord tacite, constamment renouvelé par la pratique du nudisme, s’actualisa dans son esprit.
Le fait est que la manœuvre l’excita à son tour et il finit par éteindre le feu de la cuisinière pour s’occuper du mien. Sans me repousser, il fit un pas de côté pour aller se placer devant l’évier et me permit d’assouvir superficiellement mon besoin en me frottant contre lui, à la seule condition que je le masturbasse, ce que je fis. Mon orgasme ne tarda pas à s’annoncer, d’une violence inouïe. J’eus à peine le temps de serrer fermement Didier par la ceinture, avant de projeter une rafale de jets copieux entre son dos et mon ventre. En même temps presque, je l’amenais manuellement à un orgasme très puissant que je parvins à diriger vers la porte du placard sous l’évier. En plein vertige, je le lâchai pour m’appuyer contre le mur pendant qu’il essuyait avec du Scottex le sperme qui lui coulait entre les fesses. Je n’ai pas trouvé de mot à dire, car je me sentais fort embarrassé du fait qu’il n’avait jamais été convenu que nous fussions aussi loin. « Qu’est-ce qui t’a pris? Tu voulais me baiser? », demanda-t-il, intrigué et amusé à la fois. Ne sachant que répondre, je me limitai au geste classique d’ouvrir les bras en exposant mes paumes vers le bas pour signifier un honnête « J’en sais rien! ». En hochant de la tête et souriant comme d’habitude, Didier retourna placidement à ses œufs brouillés. Quant à moi, je pris le beurre et la confiture dans le frigo et cinq minutes plus tard nous discutions autour d’un petit-déjeuner un peu moins frugal que celui de tous les jours.
Les grandes vacances
C’est exactement ce qui se passa, nous ne nous revîmes plus à Friburgo. Mais il faut dire que, de ma part, s’être perdus de vue ne fut pas du tout à blâmer, car quelques heures après mon arrivée, je tombai sur une ex-petite amie que, je dois dire, n’avait jamais été à mépriser quant aux rapports intimes. Melissa était jolie, avec ses longs cheveux châtains et son visage doux, le regard constamment perdu dans le mien. Une année avait transformé son corps en une petite merveille de l’architecture féminine. Je le reconnaissais bien, ce corps serré dans un étroit short blanc qui mettait en valeur les cuisses et les jolies fesses. Ce jour-là, elle portait un top qui laissait découvert le ventre au milieu duquel un petit piercing à rubis attirait l’attention vers cet orifice sensuel la reliant à la lignée à laquelle elle devait ses formes sublimes. J’ai pu sans difficulté faire inviter Melissa à passer les vacances avec nous à Salvador (la capitale de Bahia). Mon père en était d’ailleurs très fier et ne ratait la moindre occasion de l’enlacer chaleureusement en l’appelant sa « très-belle-fille ».
En arrivant à la grande maison louée à quelques mètres de la plage, mes parents n’hésitèrent pas à nous offrir une chambre avec vue sur mer, équipée d’un grand lit. Je dois dire que nous honorâmes leur libéralité dès la première nuit. Vers cinq heures du matin, lorsque, épuisé, je me retirai de Melissa et la serrai contre moi pour dormir un peu, mon membre amolli entre ses cuisses, je me dis que partir à Rio avait été la plus grosse erreur de ma vie. Je souhaitai pour Didier qu’il eût eu la même chance que moi.
Le lendemain matin, nous prîmes tous un bon petit-déjeuner à la grande table de la cuisine. Ce fut la première occasion d’échanger des nouvelles avec ma famille. Mon petit frère de dix ans avait gagné quelques bons centimètres et ma sœur n’avait d’yeux que pour l’écran de son téléphone portable, car à son grand désarroi, elle avait dû se séparer de son petit ami, dont la famille était partie en vacances à Porto Alegre, à l'extrême sud du pays.
Vers dix heures, nous quittâmes la maison pour aller à la plage. En arrivant sur le sable, Melissa fut la première à se débarrasser de sa sortie de bain. Mon père, qui marchait avec moi quelques pas derrière les autres, ne put retenir un « Ouah! Le chanceux! » en regardant la petite amie de son fils aîné qui dévoilait sans vergogne un corps sublime. Et de fait, le petit triangle jaune de son maillot disparaissait entre ses magnifiques fesses de fille pour recouvrir, de l’autre côté, tout juste l’essentiel à cacher aux inconnus. Lorsqu’elle m’appela pour aller dans l’eau, mon père, qui était dans la plus grande agitation, s’offrit de venir avec nous. Je le dissuadai en lui recommandant de se calmer pour éviter d’attirer l’attention. Ma sœur n’était pas contente; rien n’échapperait à son regard scrutateur. Mon père acquiesça en me disant que j’avais peut-être raison. Melissa et moi jouâmes dans les vagues pendant quelques minutes, puis nous allâmes nous sécher en marchant le long de la plage immense, en riant des manifestations d'admiration des petits groupes de jeunes gens qui la suivaient du regard. Lorsque nous retournâmes auprès de ma famille, Melissa se coucha sur le ventre e je m'assis auprès d'elle. Mon petit frère jeta un regard amusé à mon père qui, l’air idiot, le menaça d’une paire de claques. Ma sœur me dévisagea d’un air faussement condescendant; les filles se jalousent toujours. Quant à ma mère, elle me fit signe en secouant son index pour me signifier sans mot dire: « Respecte-la, hein, espèce de garnement! ». Ça y est, je pouvais tout de suite demander la main de Melissa que toute la famille applaudirait!
Les jours se succédèrent à Salvador, éblouissants de soleil. Nous passions les après-midis avec ma famille, à nous promener au centre-ville, à connaître les « 365 églises », à manger les délicieux mets des bahianas (les femmes aux amples robes blanches coiffées d'un turban) et à regarder des gens aux corps sculptés s’adonner au jeu de la capoeira. Le soir, nous mangions tous ensemble à la maison et plus tard je partais avec Melissa à la recherche d'endroits destinés à la jeunesse. Nous voulions nous éclater, danser, boire de la bière, éventuellement fumer un joint. Nous rentrions vers deux heures du matin avides de baiser un coup avant de nous endormir. Melissa m’avait d’emblée rassurée, donc je ne m’embarrassais pas de protections ou de quoi que ce soit. Je me sentais homme et libre.
Nous passâmes un mois et demi à Salvador et, de retour à Friburgo, j’y suis resté encore trois jours avant de rentrer à Rio pour entamer ma troisième « période » (il y en a dix pour cinq années d’étude) à la faculté de génie civil. Lorsque fut arrivée la dernière journée, Melissa me fit en larmes le serment de ne pas me quitter et d’aller me voir à Rio, qu’elle ne connaissait pas encore. Elle se débrouillerait pour prendre le bus et déjà le samedi matin du week-end suivant je devrais l’attendre à la gare routière. J’exultais d’apprendre qu’elle voulait plus qu’un flirt de vacances. Le soir, Didier m’appela par téléphone et nous fixâmes rendez-vous le lendemain à la gare routière pour rentrer ensemble. Il m’apprit tout de suite que ses vacances en Europe avaient été d’une platitude absolue, qu'il avait eu froid, que la famille ne l’avait pas permis de s’éloigner d’un pouce et qu’il était impatient de reprendre notre vie en toute liberté à Rio. Le lendemain, à huit heures du matin, le bus quittait les montagnes de Friburgo pour retrouver la Ville merveilleuse.
La rabat-joie
En arrivant à notre studio, Didier boudait discrètement, sûrement parce que j’avais rencontré une fille pendant les vacances et qu’en plus elle venait passer le week-end avec moi. Je savais bien que cela ne le réjouissait pas, mais nous avions maintes fois vécu ce genre de situation où un seul de nous deux avait une petite amie. Il devait donc mordre son frein et cela me paraissait tout naturel. Ce qui l’était moins, c’est que nous avions développé des habitudes pour combler un vide sexuel. Or, ce vide avait cessé pour moi d’exister, du moins momentanément. Lorsque, le vendredi suivant, Didier sollicita mes faveurs et n’obtint pas de réciprocité, il rougit et quitta le canapé en silence. Il dormait déjà quand je fus me coucher. Le lendemain matin, je le vis s’habiller tout de suite après s’être levé. C’était sa façon de protester contre l’asymétrie que j'avais créé entre nous. Pendant le petit-déjeuner sommaire, sans œufs et pris debout à la cuisine, il leva à peine les yeux de son gros manuel de calcul pour ricaner à ma question si tout allait bien. Malheureusement je n’avais pas le temps pour une conversation, car Melissa arriverait bientôt et la gare se trouvait à une bonne vingtaine de minutes en bus.
Comme je le dis avant, c’était la première fois que Melissa voyait Rio de Janeiro, celle qui fut proclamée la plus belle des villes par le grand voyageur Stefan Zweig. Hélas! le parcours de la gare Novo Rio au quartier de Vila Isabel n’a plus du tout le charme qui éblouissait jadis le visiteur néophyte. Si la ville parut toute suite immense aux yeux de Melissa, ses premières impressions d’ordre esthétique ne furent pas de celles que l’on retiendra pour la vie. En arrivant au studio, un billet de Didier sur la table souhaitait la bienvenue à « notre invitée » et nous informait qu’il était parti étudier à la bibliothèque de l’université pour deux ou trois heures. Son geste fut accueilli avec satisfaction par Melissa qui se jeta tout de suite dans mes bras.
Ce qui me plaisait chez cette fille, c’était son absence de dégoût. Elle embrassait, elle léchait, elle suçait avec plaisir, indifférente aux odeurs et aux fluides corporels ou au fait que le pénis sortît d'ici ou de là. Elle ne détestait pas être pénétrée en alternance au vagin et à l’anus. Nous le faisions d’ailleurs en plusieurs positions, mais plus volontiers lorsqu’elle se mettait à quatre pattes. Melissa jouissait franchement et sans jamais dissimuler. L’agréable certitude de lui procurer du plaisir me stimulait à jouir à plusieurs reprises, parfois trois et même quatre fois au cours d’une même séance. Elle gémissait généreusement et ne craignait pas de me faire des éloges en me demandant d’y aller plus fort ou de la pénétrer plus profondément ou ne de pas « sortir » ou de l’arroser de mon jus ou de le lui donner pour qu’elle l’avalât, et ainsi de suite. Si auparavant toutes sortes de petites questions nous séparaient, le sexe nous réunissait toujours et, en la circonstance, nous étions plus que jamais unis par le sexe.
En rentrant, Didier nous découvrit douchés et souriants en train de préparer des pâtes à la cuisine. Il salua Melissa, qu’il connaissait bien, et toute trace de son insatisfaction matinale avait disparu. On eût dit que la simple présence féminine l’avait détendu. Nous mangeâmes en racontant nos vacances et ensuite nous sortîmes pour montrer à Melissa les beaux quartiers de la Zona Sul. Le samedi soir, pour la première fois en plus d’une année, nous ressortîmes en soirée. Didier demanda même à Melissa de danser un peu avec lui et je constatai heureux que cela ne me dérangeait pas. Nous rentrâmes en taxi à la maison vers deux heures du matin. Didier pris le lit du haut et je m’installé tant bien que mal en bas avec Melissa, une jambe en dehors du matelas trop étroit.
Melissa à la plage
Le soleil était déjà haut lorsque nous nous réveillâmes le dimanche, mais ç’eût été un crime de ne pas montrer au moins une plage à Melissa. Elle l’avait d’ailleurs prévu et c’est en bikini qu’elle prit le petit-déjeuner avec nous. Didier n’arrivait pas à cacher son enthousiasme en la voyant s’activer pour mettre la table pendant qu’il préparait ses fameux œufs brouillés. Lorsqu’il lui parlait, son regard se baladait de la tête aux pieds, dévorant les seins, les cuisses ou encore les jolies fesses charnues qui se détachaient de la taille bien cambrée et qu’un triangle exigu de tissu rouge laissait pratiquement découvertes. Je me sentais tellement coupable que de le voir ainsi excité me soulageait et me donnait envie de demander à Melissa d’être généreuse avec cet ami commun revenu bredouille des vacances.
Si les garotas (les filles) d’Ipanema étaient massivement présentes à la plage, Melissa ne se laissa pas pour autant intimider par l’exubérance des corps ou le bronzé des teints. Lorsqu’elle se débarrassa de son short et fit discrètement le tour d’horizon, quelques sourires de tous âges la rassurèrent : elle méritait bien une place parmi ses congénères cariocas. Pour moi qui lui avais fait l’amour la veille et le matin même, le bikini rajoutait déjà une couche à sa nudité, mais aux yeux de Didier, Melissa était pratiquement nue. À la première occasion où elle alla se baigner seule, il me confia qu’il m’enviait pour ma chance. Lorsqu’elle sortit de l’eau toute dégoulinante et que nous la regardâmes marcher vers notre direction, j’étais sûr que Didier lui consacrait secrètement ses pensées les plus inavouables. Je n’avais aucun doute que son plus grand souhait était que je la partageasse avec lui, à la maison, avant de la reconduire à la gare. De mon point de vue, cela ne s’avérait pas impossible, vu que je ne me sentais pas vraiment amoureux de Melissa, mais je ne pouvais pas parler en son nom. Le matin, elle m'avait semblé plutôt « réceptive » chaque fois qu’il faisait quelque plaisanterie plus piquante à son égard. Elle le connaissait depuis longtemps, et le fait que lui et moi étions plus proches que jamais représentait sûrement un facteur de plus en faveur de cette idée osée. Lorsque nous quittâmes la plage pour reprendre le bus, je sentis cette espèce de complicité entre amis qui renforçait encore mon impression que la chose n’était pas du tout absurde. Melissa s’adressait tour à tour à Didier et à moi pour commenter ce qu’elle voyait par la fenêtre du bus pendant le trajet du retour. Il était vraiment dommage que nous n’habitions pas la Zona Sul, car son enthousiasme pour la beauté des lieux eût peut-être compté comme argument persuasif à ce but érotique. Hélas! une fois dépassée l’immense avenue Presidente Vargas, la scène changeait du tout au tout et il ne nous restait que la laideur, la chaleur accablante, les bousculades du bus bondé et l’appréhension naturelle de tout habitant de Rio. Par chance, Melissa avait pu s’assoir, car toute femme dans les transports publics est la cible facile des prédateurs sexuels. En arrivant à la maison, nous étions tous les trois trempés de sueur.
Quelle découverte!
Dès que j’ouvris la porte, Melissa fila à la salle de bain et nous écoutâmes l'âpre chuintement de la douche. D’un geste qui était devenu mécanique entre nous, Didier se débarrassa de sa sunga (le maillot de bain masculin brésilien) et de son t-shirt. En voyant mon étonnement, il se mit à rire et se rhabilla. Je le consolai en lui disant que le lendemain nous pourrions reprendre nos vieilles habitudes et je le quittai pour aller rejoindre Melissa sous la douche. Elle m’accueillit en m’embrassant tendrement. Aussitôt redressée, ma queue la toucha entre les cuisses en lui provoquant un petit sursaut. Je coupai l’eau et me mis à l’embrasser jusqu’à ce que je fusse en état de bien lubrifier mon gland avec mon propre fluide. S’en suivit une profonde pénétration pendant laquelle j’alternais mes caresses entre son visage, ses cheveux et ses seins. Lorsque son excitation à elle atteignit le point de non-retour, elle m’agrippa les fesses et se mit à jouir intensément, en me mordant l’épaule et en entourant ma jambe de la sienne.
Je ne la suivis pas, car j’avais une autre idée en tête. Sans la moindre baisse d’érection, je lui demandai de se retourner et me mis lentement à frotter ma queue entre ses fesses. Elle devina tout de suite mon intention et chercha ma bouche pour donner son consentement au moyen d’un baiser lascif. Je mordillai ses oreilles et lui léchai la nuque pour provoquer le cambrement du dos tout en baissant mon membre pour le frotter en coups de pinceau au fond du sillon, visant le petit orifice. Melissa colla ses deux paumes sur le mur d’azulejos et me laissa faire. Lorsque je parvins à loger mon gland dans l’anus elle se plaignit d’inconfort, se tortilla et me supplia de reculer, ce que je fis deux ou trois fois. Elle finit par me permettre d’y aller complètement, en posant délicatement sa main sur mon ventre pour m’empêcher d’être abrupt. Dès que je parvins à faire glisser ma queue jusqu’au bout, j’entourai son ventre pour la tirer fermement vers moi pendant que de l’autre main je frottais énergiquement son clitoris.
Les jambes de Melissa chancelaient. Soumise à plusieurs sensations simultanées, elle se mit à sangloter en déclarant qu’elle jouissait de partout avec une intensité qui lui était inconnue. Au même moment, quelques jets assez puissants vinrent tremper ma main qui caressait sa chatte. J'ai tout de suite compris, et la découverte que Melissa avait ce genre d’éjaculation, que je ne connaissais qu’à travers les vidéos, déclencha en moi un orgasme d’une violence inouïe en plusieurs émissions qui parcoururent avec difficulté le conduit serré de ma verge pour aller inonder ses entrailles. J’entendais ses sanglots, mais je n’étais plus le maître de mes actes, je ne pouvais plus m’arrêter tant que je ne me vidasse complètement en son intérieur. Les bras pendants, une joue et une épaule collées au mur, Melissa me laissa finir, entraînée dans le rythme de mes mouvements saccadés. Lorsque je retirai mon pénis amolli, elle se laissa glisser jusqu’à au sol, tout haletante. Elle venait de se découvrir « femme fontaine ». Au bout d’une ou deux minutes, elle se releva, sourit tendrement, m’embrassa et me demanda si ça m’avait plu. Plus tard, Didier et moi retrouverions son bikini sur le séchoir de la salle de bain. Non, il ne s'agissait pas d'un oubli; elle avait bien l’intention de revenir. Cela me soulagea. Didier m’avoua l’avoir humé avec délectation, cet infime triangle de tissu qui pendait à coté de nos maillots de bain.
À la recherche de la routine
À la gare routière, je saluai Melissa pour la dernière fois avant son départ pour Friburgo. Elle me promit de revenir dans une ou deux semaines et m’embrassa avec ardeur cherchant avidement ma langue de la sienne. Pendant mon trajet de retour, je remémorai son premier séjour à Rio et je me surpris à sourire tout seul et à me dire que j’avais maintenant une petite amie. Je ne pus m’empêcher de penser à Didier et de souhaiter que notre isolement dans la grande ville cessât au plus vite. En arrivant à la maison, je le retrouvai tout nu comme avant et il me somma de vite faire comme lui. Cette fin de dimanche s’annonçait un peu tendue pour moi qui me sentais rassasié. Les espoirs d’un plan à trois ayant clairement échoué, je devinais que Didier serait au plus fort de son manque. Je pris un autre bain pour me débarrasser de la transpiration puante de passager des transports collectifs et fus m’installer dans le canapé pour me distraire avec mon téléphone. Didier se posta dos contre la fenêtre pour me regarder. J’eus l’impression qu’il m’accusait silencieusement de ne rien avoir à lui proposer. Je lui demandai quelles avaient été ses impressions sur le séjour de Melissa avec nous, mais il n’avait pas grand-chose à dire, à part ressasser qu’elle avait un joli corps et que j’avais de la chance. Il était visiblement malheureux depuis que ce déséquilibre s’était établi entre nous du fait que j’étais en couple. J’étais fatigué et je finis par m’endormir sans même avoir mangé.
Nous étions en février et notre troisième semestre débutait avec des disciplines extrêmement exigeantes, comme le calcul vectoriel et la mécanique des fluides, entre autres. Pendant les premières semaines, nous étions obligés de travailler tellement fort que le manque de distraction habituel des weekends ne nous déprimait même pas. Nous allions à la plage, mangions quelque part et faisions de longues promenades, toujours à la Zona Sul, loin de notre quartier moche et pollué. J’avais demandé à Melissa de ne pas venir tous les weekends, ce qui me paraissait convenir aussi à Didier pour la raison que nous savons. Comme ça, il s’habitua progressivement à l'avoir chez nous et leur affinité de Fribourgeois revint peu à peu.
Toutefois, son manque ne se dissipa pour autant. Il me parlait de ses masturbations fréquentes et me montrait les images et les vidéos érotiques qui lui plaisaient plus sur le net. Sans qu’il s’en aperçût trop, je remarquai qu’il consommait le sexe en toute sa diversité, alors qu’avant notre petit incident de la cuisine, son intérêt allait essentiellement aux rapports hétérosexuels. Je voyais ici et là qu’il avait visionné des scènes entre hommes, mas il n'avait pas le courage de me les montrer. Un beau jour, cependant, il me surprit.
C’était une fin d'après-midi du vendredi. Les classes étaient terminées et j’étais resté à l’université pour apprendre à utiliser un logiciel. Didier rentra donc seul à la maison. On communiquait par texto et je lui disais de temps en temps où j’en étais. Je dus passer deux heures supplémentaires à l’université avant de rentrer. Lorsque j’ouvris la porte, je retrouvai Didier installé dans le canapé à regarder la télévision. Cela m’étonna de le voir couché sur le ventre et de continuer ainsi après que j'eus fermé la porte. Encore que nous fussions souvent nus à la maison, nous évitions instinctivement certaines postures proscrites par le code tacitement reconnu de tout mâle. Nonobstant, je le saluai comme si de rien n’était, déposai mon matériel sur une chaise et allai directement me doucher.
En quittant la salle de bain, je le retrouvai encore là, nonchalamment couché, un bras pendu à l’extérieur du canapé, tapotant des doigts le parquet et n’affichant le moindre malaise du fait de s’exposer ainsi pendant qu’on discutait. L'image me vint d'une jeune lionne perchée sur une branche sous le soleil harassant de la savane. Non seulement l’intention dans son attitude me parut évidente, mais mon corps la ressentit comme une provocation. Je couvris discrètement mon sexe en éveil en faisant semblant de faire craquer mes doigts. Gêné de mon état, je demandai à Didier de se ramasser un peu pour que je m’assisse. Il se limita à plier les jambes le temps que je m’installasse pour les laisser retomber ostensiblement sur mes genoux. En cherchant son regard d’un air sévère, je le découvris amusé de me voir éviter ses fesses qui se trouvaient dans la même ligne de visée que son visage. Sans plus réfléchir, je me jetai sur lui en tirant son bras vers l’arrière et en lui serrant le cou pour l’immobiliser. Je compris tout de suite qu’il feignait de m’éviter tout en projetant ses fesses de façon à rendre le contact entre nos corps le plus étroit possible. Je me dis que c’était sa façon de donner suite à ce qui s’était passé à la cuisine et qu’apparemment il n’avait jamais oublié.
L’acte ne se consomma bien évidemment pas, mais je ne pus contenir un copieux orgasme. Je sentis mon sexe tout gonflé qui pulsait entre les fesses bouillantes et trempées de mon faux adversaire. Un peu plus bas, une sombre tache commençait à lancer ses pseudopodes sur le drap qu’il fallait vite l’enlever pour éviter d’enlaidir encore plus notre vieux canapé, mais Didier se leva mollement comme une maîtresse de longue date. Je le sentis transformé et ne pus chasser de mon esprit l’idée que, peut-être, voulait-il se livrer à moi dans l’espoir que je me débarrassasse de Melissa. Il fit quelques pas et, une main posée sur le chambranle de la porte, il se retourna pour me regarder languissant pendant quelques instants avant de disparaître vers la salle de bain. Je le suivis.
Nous appartenions tous les deux à des familles d'origine européenne installées depuis longtemps à Friburgo, une ville de l'État de Rio de Janeiro incrustée dans les montagnes. Nous venions de passer le vestibular (le concours qui permet d'accéder à l’université) et il était temps de déménager à la cidade grande, la grande ville, la métropole, où se trouvait l'université pour laquelle nous fûmes sélectionnés et dont le diplôme était reconnu partout dans le pays. Nous arrivâmes à Rio une quinzaine de jours avant de commencer notre cours de génie civil, juste à temps de louer un petit appartement situé tout près de l'université d'État, dans une rue très laide, très passante et dénudée de toute végétation. C'était un studio meublé dont l’unique fenêtre n’invitait qu’à regarder vers le ciel, seul privilège du dernier étage de ce vieil immeuble sombre et mal entretenu. Mais les cours commencraient bientôt et un travail acharné nous serait exigé pour essayer de rattraper le retard causé par douze années d'études en école de province. On n’avait donc pas le temps de nous attarder sur le manque de charme de notre demeure.
Au début, nous travaillions fort pendant tout le temps libre, y inclus les congés et les weekends. Peu à peu, cependant, la fatigue nous exigea un minimum de distraction. Nous regardions la télé en discutant de toutes sortes de sujets, notamment la difficulté que nous éprouvions à faire de nouvelles connaissances et tout spécialement celle des filles. Amis intimes depuis l’enfance, nous ne nous gênions pas d'avouer nos excès d’activité solitaire, requise, prétextait-on, pour combler le manque absolu d'une saine vie amoureuse, manque qui durait déjà trois mois.
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| "...nous ne nous gênions pas d'avouer nos excès d’activité solitaire..." |
C'est lors d'une de ces conversations, un jour où nous étions particulièrement énervés par le vide érotique de nos vies que me vint l'idée de proposer à Didier – c’était son nom – que nous exposions la proportion de notre désarroi. Nous étions assis dans le canapé et il nous suffit de baisser un peu nos shorts de pyjama pour mettre à nu la manifestation physique de notre manque. Lorsque mon membre libéré vint se coller contre mon ventre, il était déjà tout gonflé et pulsant. Un tiers du gland forçait le passage par l'extrémité du prépuce et du méat jaillissait le fluide qui se mit tout de suite à former une petite flaque sur laquelle le gland tapait en soulevant des fils argentés qui se détachaient à chaque cycle de raidissement de ma queue. Je remarquai que Didier suivait tout ça en évitant précautionneusement de rendre trop explicite sa curiosité. De ma part, je regardais sans gêne ses parties intimes exposées, que d'ailleurs j'avais déjà vues à maintes occasions, à Friburgo, chez lui ou même au club de gym où nous nous exercions et nagions.
Didier possédait un pénis d'environ dix-sept centimètres dont le gland se déployait dans toute sa splendeur de sexe circoncis, deux aspects, d’ailleurs, que je lui enviais secrètement. Son pubis était tapissé d'une fine couche de poils châtains, mais je voyais que son scrotum avait été soigneusement rasé. Quant à moi, je me rasais complètement, car mes poils étant très longs, j'avais l'impression que, lorsqu'il était vide et mou, mon pénis se perdait dans une dense forêt pileuse. Je ne me privai donc pas de regarder longuement ce gros gland dégainé qui oscillait comme le tract incandescent d’une catapulte au-dessus du ventre de mon ami. Je me souviens de m’être dit que nous étions là, à ne rien faire, en cette énième soirée de vendredi et qu’il n’y aurait pas tort d’essayer de nous soulager un peu mutuellement. L'ennui était que ne pouvant pas savoir si Didier pensait comme moi, le courage me manqua d’oser une proposition aussi insolite. Nous mîmes donc fin à cette séance de défoulement, moi un peu frustré, lui plutôt gêné.
Mais le fait est que nous nous sentions plus solitaires que jamais e que l'exercice auquel nous nous étions livrés nous sembla salutaire, car le lendemain, cet inoubliable samedi du même weekend, nous nous remîmes à la tâche à peu près à la même heure et au même endroit. Une fois nos membres déployés sur nos ventres, je savais que le pas suivant réclamerait du courage, et je me préparais à en prendre l’initiative lorsque – quelle ne fut ma surprise – Didier posa sa main sur mon sexe et l’empoigna fermement en le serrant très fort et en me défiant du regard. J'eus un sursaut d'excitation, mais j'avais à peine esquissé un mot qu'il s'adonnait déjà à une vigoureuse masturbation dont le résultat fut si intense et le produit si abondant que j’en eus jusqu’aux cheveux.
Pendant que, tout haletant, je m'étonnais encore de son audace, Didier saisit ma main et chercha du regard mon consentement pour la poser sur son sexe. C'était à mon tour de lui procurer le même plaisir dont il venait de me combler avec tant d’aisance. Sa queue frémissante chatouillait la paume de ma main gauche. En la serrant entre mes doigts, je pus pour la première fois en faire une évaluation réaliste. Forme, tension, chaleur, dureté, épaisseur, humidité, odeur, toutes ces perceptions inondèrent mon être. La peau lisse et mobile glissait sur ce corps qui avait la rigidité du bois. Le gland d'un rose qui tendait au violet se déployait généreusement comme pour empêcher le prépuce de le bâillonner en avançant. Didier regardait fièrement ma main lorsque j'entamai les mouvements réguliers de la masturbation. En quelques instants, il éjaculait à son tour et projetait une quantité impressionnante de sperme en jets que je dirigeai intentionnellement vers son visage, en le taquinant. Il ne se détourna pas, permettant que de longs traits blanchâtres coulassent de ses joues, de son nez, de ses lèvres. Amusé, il empêcha la chute d'une grosse stalactite laiteuse qui lui pendait du menton et l'avala d'un trait en grimaçant. Il se leva, trempé, le membre ballant, pour se diriger à la salle de bain.
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| "...il nous suffit de baisser un petit peu nos shorts..." |
La découverte que nous pouvions soulager mutuellement quelques-uns de nos besoins les plus pressants fut précieuse pour les deux colocataires solitaires que nous étions toujours après cinq mois dans l'immense et chaotique Rio. Les cours à l'université se déroulaient ardument pour nous, mais nous arrivions tant bien que mal à nous débrouiller pour réussir nos travaux pratiques. Du lundi au jeudi, nous gérions nos pulsions plus facilement en solo, mais les vendredis étaient plus éprouvants, car nous étions bien conscients d'être les seuls à rester à la maison pendant que la Cidade maravilhosa, la Ville merveilleuse, était en pleine effervescence. Les quelques invitations que nous recevions n'avaient pas encore pu nous persuader à vaincre nos barrières de petits provinciaux. Nous craignons d'être ridiculisés par les collègues encore mal connus ou, pire, par les filles! Nous nous limitions donc à quelques incursions aux plages de la Zona Sul – Copacabana, Ipanema et Leblon – pendant la journée, quitte à rentrer chez nous dans un état d'excitation excessif par la vue de toutes ces femmes aux corps parfaits qui se bronzaient à moitié nues sur le sable brûlant ou qui se trémoussaient aux accords du samba, du funk ou du hip-hop.
Vers un peu plus de liberté
Oui, je me souviens que c'était encore une fois un vendredi soir. Nous étions rentrés d'une longue matinée passée à la plage suivie d'un déjeuner chez Lamas, un restaurant très ancien et surtout pas trop cher, situé au quartier Flamengo. Il faisait beau, l'air était toujours moins pollué les week-ends et le ciel était d'un bleu profond. Nous rentrâmes vers six heures et, comme d'habitude, ne prévoyions pas de ressortir. Je traversai la kitchenette, seul et bizarre accès à la salle de bain dotée de douche, cuvette et lavabo. Nous avions pris l'habitude de laisser la porte ouverte pour bavarder pendant le bain. Didier était venu siroter à la cuisine le contenu de la canette de Coca-Cola qu'il avait achetée en rentrant. Nous reprîmes bien sûr le seul sujet de conversation susceptible d’abréger notre long retour en bus: les femmes à la plage. S'il était vrai que les filles de chez nous portaient à la piscine les marques et modèles à la mode de maillots de bain, le simple fait que ce n'étaient pas des Cariocas, des natives de Rio, et que le décor n'était pas celui des plages de la Zona Sul changeait complètement la donne. À nos yeux, le corps et notamment les fesses et les seins des femmes gagnait à Rio une forme et un teint que nulle fille de province n’était en mesure d'afficher, que ce fût au prix de dix ans d'une persévérante fréquentation du club local!
La conversation allait bon train et, comme j'en ressentais les effets sous la douche, je me tournai de façon à épargner Didier le vain spectacle d'une érection. Hélas! ma manœuvre ne passa pas inaperçue et il me somma de me retourner, ce que je fis. « Ça nous ferait du bien d'être tout le temps nus à la maison, qu'en penses-tu? », me dit-il en me m'indiquant d'un mouvement de menton que j’avais toutes les raisons du monde d’en être d’accord. Je le regardai en souriant, gêné. Est-ce que la vision intégrale et quotidienne de nos corps masculins pourrait compenser tant soit peu nos fantasmes jusqu’alors irréalisables à l’égard du sexe opposé? Qui sait! Didier avait une jolie paire de fesses charnues et lisses, une queue toujours prête à la besogne et ce goût inlassable de l'érotisme. De mon côté je pouvais me vanter d'avoir un corps plus musclé, taillé par la pratique du sport. Je me dis que ça vaudrait le coup d'essayer. J'acquiesçai, donc, et Didier, qui était déjà torse nu, se débarrassa sur-le-champ de son bermuda et du slip. Une fois baigné et rafraîchi, je lui cédai la place sous la douce. En le croisant, j'eus droit à sa canette inachevée et à une retentissante claque aux fesses.
Lorsque nous étions tous les deux à la maison, nos journées se passaient au gré d’une activité laborieuse et très routinière. La plupart du temps, nous étions assis à la petite table carrée du sallon, aux prises avec le calcul différentiel et intégral, la résistance des matériaux, l’électricité ou la géométrie analytique. Les moments d’interruption étaient dictés normalement par la faim, mais aussi par la fatigue qui se manifestait sous forme de sommeil ou de perte de concentration. Alors nous nous écroulions dans le lit pendant de longues minutes ou bien nous nous penchions à la fenêtre pour contempler la maille d’épines quadrangulaires qui émergeaient de la peau urbaine pour s’étendre à perte de vue sous nos yeux. Le fait de nous être littéralement mis à nu avait contribué à rééquilibrer un peu nos pulsions érotiques. Si par hasard un moment d’excitation venait nous agiter l’esprit, nous nous l’avouions tout de suite et cela nous faisait simplement rire ou bien nous amenait à nous procurer ce plaisir mutuel si commode qui nous apaisait en cinq minutes et rétablissait l’équilibre et la concentration. Très vite, le comique de ces situations nous amusait et nous détendait à un point tel que nous ne ressentions plus la moindre gêne.
Pour dormir, nous nous relayions démocratiquement dans le lit gigogne, car le confort n'était pas le même pour les deux parties. De ma part, je trouvais agréablement excitant lorsque c'était au tour de Didier de prendre le lit à roulettes, plus bas, car je pouvais scruter à ma guise son corps livré au sommeil avant de m’endormir moi-même, et ces moments d’une observation jusqu’alors plutôt innocente me donnaient matière à réflexion. Lors d’éventuels réveils nocturnes, je le retrouvais chaque fois dans une position différente, parfois très sensuelle, voire érotique. Souvent, réveillé avant lui, je le surprenais en proie à une vigoureuse érection matinale. Je pense qu'il ne l'a jamais su. Au fur et à mesure que nous nous habituions à la nudité commune et à nous procurer le plaisir mutuel dont j'ai déjà rendu compte plus haut, les nuits passées sur ces lits échelonnés devenaient pour moi l'occasion d'un nouveau genre de satisfaction.
Je dois dire que je ne me voyais pas du tout comme un homosexuel, mais il est indéniable que notre intimité nous avait placés en position d’exception dans le classement des humains selon la sexualité. Devions-nous désormais nous reconnaître bisexuels? Il ne faisait aucun doute que, vu les circonstances, ce que j’éprouvais en regardant le les cuisses et les fesses de mon ami était à peu près comparable à ce que je ressentais en regardant celles des filles à la plage, et cela me faisait réfléchir non seulement aux limites de la solitude et du manque, mais aussi à la vraie nature de la sexualité humaine. Nous nous étions tournés l’un vers l’autre parce que ni l’un ni l’autre n’avait été capable, en six mois, d’entamer un quelconque rapport d’amitié à Rio, et encore moins avec des filles. C’était devenu commode d’assouvir entre nous nos besoins, mais jusqu’où cela pourrait aller? Après un certain temps, je ne me cachais plus que le plaisir que je tirais de nos petits jeux manuels me soulageait et détendait. Il n’en reste pas moins que la seule pensée de la fellation entre hommes m’avait toujours répugné! Encore que la pénétration me parût esthétiquement plus acceptable, qui de nous deux ferait quoi et dans quel ordre? En resterions-nous donc aux exercices masturbatoires des vendredis soir ou irions-nous plus loin? Telles étaient mes pensées, notamment les nuits des vendredis et samedis, lorsque j’allais me coucher après un bain dont le sens implicite ne pouvait être autre que celui d’une purification.
Aux montagnards que nous étions, les températures de Rio paraissaient toujours trop élevées, peu importe la saison. Nous étions arrivés en été et six ou sept mois plus tard, en plein hiver, notre habitude d’être nus à la maison ne nous causait le moindre inconfort. Bien au contraire, il nous arrivait de dormir à même le carrelage de la cuisine pour échapper au contact étouffant du matelas. Nul doute aussi que la chaleur s’était vite substituée à nos besoins intimes en tant que prétexte à cette nudité communautaire dans un espace aussi exigu. En arrivant à la maison, mon premier geste était de me débarrasser de mes vêtements pour aller directement prendre une douche fraîche. Je laissais à l’air bouillant la tâche de m’essuyer et je ne touchais à des vêtements que si j’avais prévu de ressortir. Didier faisait de même en arrivant, et c’est en toute naturalité que nous préparions nos repas nus, mangions nus, travaillions nus, regardions nus la télévision et allions nus nous coucher. Peu à peu mon regard cessa de se poser involontairement sur son sexe ou sur ses fesses pour retourner objectivement aux yeux. La plupart du temps, la cohabitation avec cet ami de longue date ne me faisait plus rien et je remarquai d’ailleurs la réciprocité de ce comportement. Nous vivions une espèce de nudisme à deux et cela me paraissait suffire à calmer nos instincts, du moins jusqu’à ce qu’une pulsion vînt sournoisement les éveiller et exiger de nous nos petites tactiques de survie. Alors nous nous livrions à notre jeu habituel et nous débarrassions en une quinzaine de minutes de l’incommode sensation du manque. Ce que nous n’imaginions pas, c’est que l'apparente maîtrise de nos instincts était loin d'être inébranlable.
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| "Didier avait une jolie paire de fesses charnues et lisses." |
Mère Nature reprend ses droits
C’était vers l’heure du petit-déjeuner, un jour où nous n’avions pas cours ou un samedi, je ne m’en souviens plus exactement. Didier préparait des œufs brouillés, à poil devant la cuisinière. De la porte, je le regardais faire en observant ses jolies fesses rebondies s’agiter légèrement au gré des mouvements du bras qui tenait la poêle. En sentant ma présence, il me salua d’un coup d’œil bref. « Quoi? », fit-il en souriant. Cela n’avait duré pas plus qu’une fraction de seconde, mais je pus remarquer que son regard s’était posé sur mon sexe, qu’à ce moment-là je cachais d’une main pour occulter un léger redressement qui me semblait déplacé. En fait, c’était pour moi un de ces moments où les pulsions commandaient tout mon être. J’étais franchement excité à la vision de ce dos que je ne quittais plus des yeux. Sans mot dire et guidé par le seul instinct, je fis deux pas en avant pour aller me coller à Didier en le tenant légèrement par les hanches. Je soulevai ma queue pour la poser verticalement contre ses fesses. Mon gland pointé vers le haut se gonfla instantanément et se mit à pulser. Ne pouvant quitter sa poêle, Didier se limita à réagir d’un petit bond vers l’avant sans pourtant rien me dire ou faire qui me fît reculer. « Laisse… s’il te plaît. » susurrai-je d’une voix suppliante. Tout de suite après, je pus sentir la relaxation de ses muscles. Son opposition céda, probablement parce que notre accord tacite, constamment renouvelé par la pratique du nudisme, s’actualisa dans son esprit.
Le fait est que la manœuvre l’excita à son tour et il finit par éteindre le feu de la cuisinière pour s’occuper du mien. Sans me repousser, il fit un pas de côté pour aller se placer devant l’évier et me permit d’assouvir superficiellement mon besoin en me frottant contre lui, à la seule condition que je le masturbasse, ce que je fis. Mon orgasme ne tarda pas à s’annoncer, d’une violence inouïe. J’eus à peine le temps de serrer fermement Didier par la ceinture, avant de projeter une rafale de jets copieux entre son dos et mon ventre. En même temps presque, je l’amenais manuellement à un orgasme très puissant que je parvins à diriger vers la porte du placard sous l’évier. En plein vertige, je le lâchai pour m’appuyer contre le mur pendant qu’il essuyait avec du Scottex le sperme qui lui coulait entre les fesses. Je n’ai pas trouvé de mot à dire, car je me sentais fort embarrassé du fait qu’il n’avait jamais été convenu que nous fussions aussi loin. « Qu’est-ce qui t’a pris? Tu voulais me baiser? », demanda-t-il, intrigué et amusé à la fois. Ne sachant que répondre, je me limitai au geste classique d’ouvrir les bras en exposant mes paumes vers le bas pour signifier un honnête « J’en sais rien! ». En hochant de la tête et souriant comme d’habitude, Didier retourna placidement à ses œufs brouillés. Quant à moi, je pris le beurre et la confiture dans le frigo et cinq minutes plus tard nous discutions autour d’un petit-déjeuner un peu moins frugal que celui de tous les jours.
À la différence de ce que je pus constater pour Didier, cet épisode me fit réfléchir encore plus à l’évolution de ces rapports intimes dont le but initial n’était que de compenser nos manques jusqu’à ce que nous pussions reprendre notre vie d’avant. Désormais, il me semblait que nous étions à deux doigts du rapport sexuel consommé, et cela m’effrayait. De ma part au moins, la proximité d’un corps qui se laissât posséder complètement commençait à devenir un besoin pressant. Les sensations propres à l’acte consommé me manquaient terriblement. La femme se serre à l’homme, elle entoure son corps de ses jambes, elle lui offre ses seins et elle l’embrasse pendant qu’elle l’accueille en profondeur. Je ne me voyais pas demander à Didier qu’il se comportât en femme, mais le contact de mon corps contre le sien, ce jour-là, à la cuisine, évoqua en moi quelque chose que la seule masturbation était inapte à compenser. Mes rêves se sont donc surpeuplés de sexe, et à un point tel que je commençai à glisser des serviettes papier sous mon oreiller pour la nuit, lorsque je dormais dans le lit du haut et que je pouvais le regarder. La promiscuité de nos soirées de weekend ne me suffisait plus et cette cohabitation en mode nature ne faisait qu’aggraver mon mal, d’autant plus que Didier ne donnait aucun signe d’un quelconque souhait de renouveler ce qui s’était passé à la cuisine.
La première année d’université s’écoulait rapidement. Si nos résultats aux examens de juin avaient été médiocres, nous nous étions arrangés pour n’échouer à aucune discipline et la probabilité était grande que nous réussissions tous les deux nos examens de novembre. Nous n’avions toujours pas d’amis et l’absence de filles dans la quasi-totalité des classes du cours de génie rendait la perspective de trouver une petite amie encore très vague. Nous étions donc tout le temps ensemble, soit à la maison, soit lors des courses au supermarché ou lors de nos longues promenades d’exploration du quartier, soit encore pour aller à une plage de la Zona Sul, les weekends. Après l’incident de la cuisine, j’avais acquiescé gentiment à reprendre en douceur nos habitudes de défoulement à deux et je m’occupais en solo de rendre compte à ma libido du surplus qu’elle m’exigeait. Je devais reconnaître que la nudité à la maison m’avait toujours été un peu plus lourde à supporter, mais j’arrivais à feindre un naturel assez proche de celui qui était réel pour Didier peut-être en vertu de son âge – j’étais d’un an son aîné – ou de son humeur d’adolescent mal dégrossi. Il continua de me taquiner lorsqu’il me surprenait aux prises avec une érection, et les sonores claques qu’il m’appliquait aux fesses continuaient de retentir dans notre salle de bain. Je dois l’admettre, la plupart du temps l’atmosphère chez nous était légère et bon enfant et ce ne fut pas sans regret que nous rentrâmes à Friburgo pour les vacances d'été, car nous savions qu’une fois là-bas, chaque famille partirait à son tour et nous finirions par ne nous revoir qu’au retour à Rio, à la mi-février.
La première année d’université s’écoulait rapidement. Si nos résultats aux examens de juin avaient été médiocres, nous nous étions arrangés pour n’échouer à aucune discipline et la probabilité était grande que nous réussissions tous les deux nos examens de novembre. Nous n’avions toujours pas d’amis et l’absence de filles dans la quasi-totalité des classes du cours de génie rendait la perspective de trouver une petite amie encore très vague. Nous étions donc tout le temps ensemble, soit à la maison, soit lors des courses au supermarché ou lors de nos longues promenades d’exploration du quartier, soit encore pour aller à une plage de la Zona Sul, les weekends. Après l’incident de la cuisine, j’avais acquiescé gentiment à reprendre en douceur nos habitudes de défoulement à deux et je m’occupais en solo de rendre compte à ma libido du surplus qu’elle m’exigeait. Je devais reconnaître que la nudité à la maison m’avait toujours été un peu plus lourde à supporter, mais j’arrivais à feindre un naturel assez proche de celui qui était réel pour Didier peut-être en vertu de son âge – j’étais d’un an son aîné – ou de son humeur d’adolescent mal dégrossi. Il continua de me taquiner lorsqu’il me surprenait aux prises avec une érection, et les sonores claques qu’il m’appliquait aux fesses continuaient de retentir dans notre salle de bain. Je dois l’admettre, la plupart du temps l’atmosphère chez nous était légère et bon enfant et ce ne fut pas sans regret que nous rentrâmes à Friburgo pour les vacances d'été, car nous savions qu’une fois là-bas, chaque famille partirait à son tour et nous finirions par ne nous revoir qu’au retour à Rio, à la mi-février.
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| "Mes rêves se sont donc surpeuplés de sexe..." |
Les grandes vacances
C’est exactement ce qui se passa, nous ne nous revîmes plus à Friburgo. Mais il faut dire que, de ma part, s’être perdus de vue ne fut pas du tout à blâmer, car quelques heures après mon arrivée, je tombai sur une ex-petite amie que, je dois dire, n’avait jamais été à mépriser quant aux rapports intimes. Melissa était jolie, avec ses longs cheveux châtains et son visage doux, le regard constamment perdu dans le mien. Une année avait transformé son corps en une petite merveille de l’architecture féminine. Je le reconnaissais bien, ce corps serré dans un étroit short blanc qui mettait en valeur les cuisses et les jolies fesses. Ce jour-là, elle portait un top qui laissait découvert le ventre au milieu duquel un petit piercing à rubis attirait l’attention vers cet orifice sensuel la reliant à la lignée à laquelle elle devait ses formes sublimes. J’ai pu sans difficulté faire inviter Melissa à passer les vacances avec nous à Salvador (la capitale de Bahia). Mon père en était d’ailleurs très fier et ne ratait la moindre occasion de l’enlacer chaleureusement en l’appelant sa « très-belle-fille ».
En arrivant à la grande maison louée à quelques mètres de la plage, mes parents n’hésitèrent pas à nous offrir une chambre avec vue sur mer, équipée d’un grand lit. Je dois dire que nous honorâmes leur libéralité dès la première nuit. Vers cinq heures du matin, lorsque, épuisé, je me retirai de Melissa et la serrai contre moi pour dormir un peu, mon membre amolli entre ses cuisses, je me dis que partir à Rio avait été la plus grosse erreur de ma vie. Je souhaitai pour Didier qu’il eût eu la même chance que moi.
Le lendemain matin, nous prîmes tous un bon petit-déjeuner à la grande table de la cuisine. Ce fut la première occasion d’échanger des nouvelles avec ma famille. Mon petit frère de dix ans avait gagné quelques bons centimètres et ma sœur n’avait d’yeux que pour l’écran de son téléphone portable, car à son grand désarroi, elle avait dû se séparer de son petit ami, dont la famille était partie en vacances à Porto Alegre, à l'extrême sud du pays.
Vers dix heures, nous quittâmes la maison pour aller à la plage. En arrivant sur le sable, Melissa fut la première à se débarrasser de sa sortie de bain. Mon père, qui marchait avec moi quelques pas derrière les autres, ne put retenir un « Ouah! Le chanceux! » en regardant la petite amie de son fils aîné qui dévoilait sans vergogne un corps sublime. Et de fait, le petit triangle jaune de son maillot disparaissait entre ses magnifiques fesses de fille pour recouvrir, de l’autre côté, tout juste l’essentiel à cacher aux inconnus. Lorsqu’elle m’appela pour aller dans l’eau, mon père, qui était dans la plus grande agitation, s’offrit de venir avec nous. Je le dissuadai en lui recommandant de se calmer pour éviter d’attirer l’attention. Ma sœur n’était pas contente; rien n’échapperait à son regard scrutateur. Mon père acquiesça en me disant que j’avais peut-être raison. Melissa et moi jouâmes dans les vagues pendant quelques minutes, puis nous allâmes nous sécher en marchant le long de la plage immense, en riant des manifestations d'admiration des petits groupes de jeunes gens qui la suivaient du regard. Lorsque nous retournâmes auprès de ma famille, Melissa se coucha sur le ventre e je m'assis auprès d'elle. Mon petit frère jeta un regard amusé à mon père qui, l’air idiot, le menaça d’une paire de claques. Ma sœur me dévisagea d’un air faussement condescendant; les filles se jalousent toujours. Quant à ma mère, elle me fit signe en secouant son index pour me signifier sans mot dire: « Respecte-la, hein, espèce de garnement! ». Ça y est, je pouvais tout de suite demander la main de Melissa que toute la famille applaudirait!
Les jours se succédèrent à Salvador, éblouissants de soleil. Nous passions les après-midis avec ma famille, à nous promener au centre-ville, à connaître les « 365 églises », à manger les délicieux mets des bahianas (les femmes aux amples robes blanches coiffées d'un turban) et à regarder des gens aux corps sculptés s’adonner au jeu de la capoeira. Le soir, nous mangions tous ensemble à la maison et plus tard je partais avec Melissa à la recherche d'endroits destinés à la jeunesse. Nous voulions nous éclater, danser, boire de la bière, éventuellement fumer un joint. Nous rentrions vers deux heures du matin avides de baiser un coup avant de nous endormir. Melissa m’avait d’emblée rassurée, donc je ne m’embarrassais pas de protections ou de quoi que ce soit. Je me sentais homme et libre.
Nous passâmes un mois et demi à Salvador et, de retour à Friburgo, j’y suis resté encore trois jours avant de rentrer à Rio pour entamer ma troisième « période » (il y en a dix pour cinq années d’étude) à la faculté de génie civil. Lorsque fut arrivée la dernière journée, Melissa me fit en larmes le serment de ne pas me quitter et d’aller me voir à Rio, qu’elle ne connaissait pas encore. Elle se débrouillerait pour prendre le bus et déjà le samedi matin du week-end suivant je devrais l’attendre à la gare routière. J’exultais d’apprendre qu’elle voulait plus qu’un flirt de vacances. Le soir, Didier m’appela par téléphone et nous fixâmes rendez-vous le lendemain à la gare routière pour rentrer ensemble. Il m’apprit tout de suite que ses vacances en Europe avaient été d’une platitude absolue, qu'il avait eu froid, que la famille ne l’avait pas permis de s’éloigner d’un pouce et qu’il était impatient de reprendre notre vie en toute liberté à Rio. Le lendemain, à huit heures du matin, le bus quittait les montagnes de Friburgo pour retrouver la Ville merveilleuse.
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| "Nous rentrions vers deux heures du matin avides de baiser un coup avant de nous endormir." |
La rabat-joie
En arrivant à notre studio, Didier boudait discrètement, sûrement parce que j’avais rencontré une fille pendant les vacances et qu’en plus elle venait passer le week-end avec moi. Je savais bien que cela ne le réjouissait pas, mais nous avions maintes fois vécu ce genre de situation où un seul de nous deux avait une petite amie. Il devait donc mordre son frein et cela me paraissait tout naturel. Ce qui l’était moins, c’est que nous avions développé des habitudes pour combler un vide sexuel. Or, ce vide avait cessé pour moi d’exister, du moins momentanément. Lorsque, le vendredi suivant, Didier sollicita mes faveurs et n’obtint pas de réciprocité, il rougit et quitta le canapé en silence. Il dormait déjà quand je fus me coucher. Le lendemain matin, je le vis s’habiller tout de suite après s’être levé. C’était sa façon de protester contre l’asymétrie que j'avais créé entre nous. Pendant le petit-déjeuner sommaire, sans œufs et pris debout à la cuisine, il leva à peine les yeux de son gros manuel de calcul pour ricaner à ma question si tout allait bien. Malheureusement je n’avais pas le temps pour une conversation, car Melissa arriverait bientôt et la gare se trouvait à une bonne vingtaine de minutes en bus.
Comme je le dis avant, c’était la première fois que Melissa voyait Rio de Janeiro, celle qui fut proclamée la plus belle des villes par le grand voyageur Stefan Zweig. Hélas! le parcours de la gare Novo Rio au quartier de Vila Isabel n’a plus du tout le charme qui éblouissait jadis le visiteur néophyte. Si la ville parut toute suite immense aux yeux de Melissa, ses premières impressions d’ordre esthétique ne furent pas de celles que l’on retiendra pour la vie. En arrivant au studio, un billet de Didier sur la table souhaitait la bienvenue à « notre invitée » et nous informait qu’il était parti étudier à la bibliothèque de l’université pour deux ou trois heures. Son geste fut accueilli avec satisfaction par Melissa qui se jeta tout de suite dans mes bras.
Ce qui me plaisait chez cette fille, c’était son absence de dégoût. Elle embrassait, elle léchait, elle suçait avec plaisir, indifférente aux odeurs et aux fluides corporels ou au fait que le pénis sortît d'ici ou de là. Elle ne détestait pas être pénétrée en alternance au vagin et à l’anus. Nous le faisions d’ailleurs en plusieurs positions, mais plus volontiers lorsqu’elle se mettait à quatre pattes. Melissa jouissait franchement et sans jamais dissimuler. L’agréable certitude de lui procurer du plaisir me stimulait à jouir à plusieurs reprises, parfois trois et même quatre fois au cours d’une même séance. Elle gémissait généreusement et ne craignait pas de me faire des éloges en me demandant d’y aller plus fort ou de la pénétrer plus profondément ou ne de pas « sortir » ou de l’arroser de mon jus ou de le lui donner pour qu’elle l’avalât, et ainsi de suite. Si auparavant toutes sortes de petites questions nous séparaient, le sexe nous réunissait toujours et, en la circonstance, nous étions plus que jamais unis par le sexe.
En rentrant, Didier nous découvrit douchés et souriants en train de préparer des pâtes à la cuisine. Il salua Melissa, qu’il connaissait bien, et toute trace de son insatisfaction matinale avait disparu. On eût dit que la simple présence féminine l’avait détendu. Nous mangeâmes en racontant nos vacances et ensuite nous sortîmes pour montrer à Melissa les beaux quartiers de la Zona Sul. Le samedi soir, pour la première fois en plus d’une année, nous ressortîmes en soirée. Didier demanda même à Melissa de danser un peu avec lui et je constatai heureux que cela ne me dérangeait pas. Nous rentrâmes en taxi à la maison vers deux heures du matin. Didier pris le lit du haut et je m’installé tant bien que mal en bas avec Melissa, une jambe en dehors du matelas trop étroit.
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| "Ce qui me plaisait chez cette fille, c’était son absence de dégoût." |
Melissa à la plage
Le soleil était déjà haut lorsque nous nous réveillâmes le dimanche, mais ç’eût été un crime de ne pas montrer au moins une plage à Melissa. Elle l’avait d’ailleurs prévu et c’est en bikini qu’elle prit le petit-déjeuner avec nous. Didier n’arrivait pas à cacher son enthousiasme en la voyant s’activer pour mettre la table pendant qu’il préparait ses fameux œufs brouillés. Lorsqu’il lui parlait, son regard se baladait de la tête aux pieds, dévorant les seins, les cuisses ou encore les jolies fesses charnues qui se détachaient de la taille bien cambrée et qu’un triangle exigu de tissu rouge laissait pratiquement découvertes. Je me sentais tellement coupable que de le voir ainsi excité me soulageait et me donnait envie de demander à Melissa d’être généreuse avec cet ami commun revenu bredouille des vacances.
Si les garotas (les filles) d’Ipanema étaient massivement présentes à la plage, Melissa ne se laissa pas pour autant intimider par l’exubérance des corps ou le bronzé des teints. Lorsqu’elle se débarrassa de son short et fit discrètement le tour d’horizon, quelques sourires de tous âges la rassurèrent : elle méritait bien une place parmi ses congénères cariocas. Pour moi qui lui avais fait l’amour la veille et le matin même, le bikini rajoutait déjà une couche à sa nudité, mais aux yeux de Didier, Melissa était pratiquement nue. À la première occasion où elle alla se baigner seule, il me confia qu’il m’enviait pour ma chance. Lorsqu’elle sortit de l’eau toute dégoulinante et que nous la regardâmes marcher vers notre direction, j’étais sûr que Didier lui consacrait secrètement ses pensées les plus inavouables. Je n’avais aucun doute que son plus grand souhait était que je la partageasse avec lui, à la maison, avant de la reconduire à la gare. De mon point de vue, cela ne s’avérait pas impossible, vu que je ne me sentais pas vraiment amoureux de Melissa, mais je ne pouvais pas parler en son nom. Le matin, elle m'avait semblé plutôt « réceptive » chaque fois qu’il faisait quelque plaisanterie plus piquante à son égard. Elle le connaissait depuis longtemps, et le fait que lui et moi étions plus proches que jamais représentait sûrement un facteur de plus en faveur de cette idée osée. Lorsque nous quittâmes la plage pour reprendre le bus, je sentis cette espèce de complicité entre amis qui renforçait encore mon impression que la chose n’était pas du tout absurde. Melissa s’adressait tour à tour à Didier et à moi pour commenter ce qu’elle voyait par la fenêtre du bus pendant le trajet du retour. Il était vraiment dommage que nous n’habitions pas la Zona Sul, car son enthousiasme pour la beauté des lieux eût peut-être compté comme argument persuasif à ce but érotique. Hélas! une fois dépassée l’immense avenue Presidente Vargas, la scène changeait du tout au tout et il ne nous restait que la laideur, la chaleur accablante, les bousculades du bus bondé et l’appréhension naturelle de tout habitant de Rio. Par chance, Melissa avait pu s’assoir, car toute femme dans les transports publics est la cible facile des prédateurs sexuels. En arrivant à la maison, nous étions tous les trois trempés de sueur.
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| "Elle méritait bien une place parmi ses congénères cariocas." |
Quelle découverte!
Dès que j’ouvris la porte, Melissa fila à la salle de bain et nous écoutâmes l'âpre chuintement de la douche. D’un geste qui était devenu mécanique entre nous, Didier se débarrassa de sa sunga (le maillot de bain masculin brésilien) et de son t-shirt. En voyant mon étonnement, il se mit à rire et se rhabilla. Je le consolai en lui disant que le lendemain nous pourrions reprendre nos vieilles habitudes et je le quittai pour aller rejoindre Melissa sous la douche. Elle m’accueillit en m’embrassant tendrement. Aussitôt redressée, ma queue la toucha entre les cuisses en lui provoquant un petit sursaut. Je coupai l’eau et me mis à l’embrasser jusqu’à ce que je fusse en état de bien lubrifier mon gland avec mon propre fluide. S’en suivit une profonde pénétration pendant laquelle j’alternais mes caresses entre son visage, ses cheveux et ses seins. Lorsque son excitation à elle atteignit le point de non-retour, elle m’agrippa les fesses et se mit à jouir intensément, en me mordant l’épaule et en entourant ma jambe de la sienne.
Je ne la suivis pas, car j’avais une autre idée en tête. Sans la moindre baisse d’érection, je lui demandai de se retourner et me mis lentement à frotter ma queue entre ses fesses. Elle devina tout de suite mon intention et chercha ma bouche pour donner son consentement au moyen d’un baiser lascif. Je mordillai ses oreilles et lui léchai la nuque pour provoquer le cambrement du dos tout en baissant mon membre pour le frotter en coups de pinceau au fond du sillon, visant le petit orifice. Melissa colla ses deux paumes sur le mur d’azulejos et me laissa faire. Lorsque je parvins à loger mon gland dans l’anus elle se plaignit d’inconfort, se tortilla et me supplia de reculer, ce que je fis deux ou trois fois. Elle finit par me permettre d’y aller complètement, en posant délicatement sa main sur mon ventre pour m’empêcher d’être abrupt. Dès que je parvins à faire glisser ma queue jusqu’au bout, j’entourai son ventre pour la tirer fermement vers moi pendant que de l’autre main je frottais énergiquement son clitoris.
Les jambes de Melissa chancelaient. Soumise à plusieurs sensations simultanées, elle se mit à sangloter en déclarant qu’elle jouissait de partout avec une intensité qui lui était inconnue. Au même moment, quelques jets assez puissants vinrent tremper ma main qui caressait sa chatte. J'ai tout de suite compris, et la découverte que Melissa avait ce genre d’éjaculation, que je ne connaissais qu’à travers les vidéos, déclencha en moi un orgasme d’une violence inouïe en plusieurs émissions qui parcoururent avec difficulté le conduit serré de ma verge pour aller inonder ses entrailles. J’entendais ses sanglots, mais je n’étais plus le maître de mes actes, je ne pouvais plus m’arrêter tant que je ne me vidasse complètement en son intérieur. Les bras pendants, une joue et une épaule collées au mur, Melissa me laissa finir, entraînée dans le rythme de mes mouvements saccadés. Lorsque je retirai mon pénis amolli, elle se laissa glisser jusqu’à au sol, tout haletante. Elle venait de se découvrir « femme fontaine ». Au bout d’une ou deux minutes, elle se releva, sourit tendrement, m’embrassa et me demanda si ça m’avait plu. Plus tard, Didier et moi retrouverions son bikini sur le séchoir de la salle de bain. Non, il ne s'agissait pas d'un oubli; elle avait bien l’intention de revenir. Cela me soulagea. Didier m’avoua l’avoir humé avec délectation, cet infime triangle de tissu qui pendait à coté de nos maillots de bain.
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| "...je le quittai pour aller rejoindre Melissa sous la douche." |
À la recherche de la routine
À la gare routière, je saluai Melissa pour la dernière fois avant son départ pour Friburgo. Elle me promit de revenir dans une ou deux semaines et m’embrassa avec ardeur cherchant avidement ma langue de la sienne. Pendant mon trajet de retour, je remémorai son premier séjour à Rio et je me surpris à sourire tout seul et à me dire que j’avais maintenant une petite amie. Je ne pus m’empêcher de penser à Didier et de souhaiter que notre isolement dans la grande ville cessât au plus vite. En arrivant à la maison, je le retrouvai tout nu comme avant et il me somma de vite faire comme lui. Cette fin de dimanche s’annonçait un peu tendue pour moi qui me sentais rassasié. Les espoirs d’un plan à trois ayant clairement échoué, je devinais que Didier serait au plus fort de son manque. Je pris un autre bain pour me débarrasser de la transpiration puante de passager des transports collectifs et fus m’installer dans le canapé pour me distraire avec mon téléphone. Didier se posta dos contre la fenêtre pour me regarder. J’eus l’impression qu’il m’accusait silencieusement de ne rien avoir à lui proposer. Je lui demandai quelles avaient été ses impressions sur le séjour de Melissa avec nous, mais il n’avait pas grand-chose à dire, à part ressasser qu’elle avait un joli corps et que j’avais de la chance. Il était visiblement malheureux depuis que ce déséquilibre s’était établi entre nous du fait que j’étais en couple. J’étais fatigué et je finis par m’endormir sans même avoir mangé.
Nous étions en février et notre troisième semestre débutait avec des disciplines extrêmement exigeantes, comme le calcul vectoriel et la mécanique des fluides, entre autres. Pendant les premières semaines, nous étions obligés de travailler tellement fort que le manque de distraction habituel des weekends ne nous déprimait même pas. Nous allions à la plage, mangions quelque part et faisions de longues promenades, toujours à la Zona Sul, loin de notre quartier moche et pollué. J’avais demandé à Melissa de ne pas venir tous les weekends, ce qui me paraissait convenir aussi à Didier pour la raison que nous savons. Comme ça, il s’habitua progressivement à l'avoir chez nous et leur affinité de Fribourgeois revint peu à peu.
Toutefois, son manque ne se dissipa pour autant. Il me parlait de ses masturbations fréquentes et me montrait les images et les vidéos érotiques qui lui plaisaient plus sur le net. Sans qu’il s’en aperçût trop, je remarquai qu’il consommait le sexe en toute sa diversité, alors qu’avant notre petit incident de la cuisine, son intérêt allait essentiellement aux rapports hétérosexuels. Je voyais ici et là qu’il avait visionné des scènes entre hommes, mas il n'avait pas le courage de me les montrer. Un beau jour, cependant, il me surprit.
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| "...je remarquai qu’il consommait le sexe en toute sa diversité..." |
C’était une fin d'après-midi du vendredi. Les classes étaient terminées et j’étais resté à l’université pour apprendre à utiliser un logiciel. Didier rentra donc seul à la maison. On communiquait par texto et je lui disais de temps en temps où j’en étais. Je dus passer deux heures supplémentaires à l’université avant de rentrer. Lorsque j’ouvris la porte, je retrouvai Didier installé dans le canapé à regarder la télévision. Cela m’étonna de le voir couché sur le ventre et de continuer ainsi après que j'eus fermé la porte. Encore que nous fussions souvent nus à la maison, nous évitions instinctivement certaines postures proscrites par le code tacitement reconnu de tout mâle. Nonobstant, je le saluai comme si de rien n’était, déposai mon matériel sur une chaise et allai directement me doucher.
En quittant la salle de bain, je le retrouvai encore là, nonchalamment couché, un bras pendu à l’extérieur du canapé, tapotant des doigts le parquet et n’affichant le moindre malaise du fait de s’exposer ainsi pendant qu’on discutait. L'image me vint d'une jeune lionne perchée sur une branche sous le soleil harassant de la savane. Non seulement l’intention dans son attitude me parut évidente, mais mon corps la ressentit comme une provocation. Je couvris discrètement mon sexe en éveil en faisant semblant de faire craquer mes doigts. Gêné de mon état, je demandai à Didier de se ramasser un peu pour que je m’assisse. Il se limita à plier les jambes le temps que je m’installasse pour les laisser retomber ostensiblement sur mes genoux. En cherchant son regard d’un air sévère, je le découvris amusé de me voir éviter ses fesses qui se trouvaient dans la même ligne de visée que son visage. Sans plus réfléchir, je me jetai sur lui en tirant son bras vers l’arrière et en lui serrant le cou pour l’immobiliser. Je compris tout de suite qu’il feignait de m’éviter tout en projetant ses fesses de façon à rendre le contact entre nos corps le plus étroit possible. Je me dis que c’était sa façon de donner suite à ce qui s’était passé à la cuisine et qu’apparemment il n’avait jamais oublié.
L’acte ne se consomma bien évidemment pas, mais je ne pus contenir un copieux orgasme. Je sentis mon sexe tout gonflé qui pulsait entre les fesses bouillantes et trempées de mon faux adversaire. Un peu plus bas, une sombre tache commençait à lancer ses pseudopodes sur le drap qu’il fallait vite l’enlever pour éviter d’enlaidir encore plus notre vieux canapé, mais Didier se leva mollement comme une maîtresse de longue date. Je le sentis transformé et ne pus chasser de mon esprit l’idée que, peut-être, voulait-il se livrer à moi dans l’espoir que je me débarrassasse de Melissa. Il fit quelques pas et, une main posée sur le chambranle de la porte, il se retourna pour me regarder languissant pendant quelques instants avant de disparaître vers la salle de bain. Je le suivis.
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| "...que peut-être voulait-il se livrer à moi dans l'espoir de se débarrasser de Melissa." |
Et la vie continue!
Entre le mois de mars et les vacances de juillet de cette deuxième année à Rio, les relations consommées furent incorporées à notre quotidien. La plupart des fins de soirées se terminaient par une séance qui durait une trentaine de minutes, après quoi nous nous endormions immédiatement. Didier ne me suggérait jamais de faire la partie passive, ce qui me convenait. Il ne se féminisa pas non plus, mais son beau visage imberbe et quelque peu androgyne me permettait d'agir comme si j’étais en compagnie d’une fille. Je le masturbais pour qu’il jouît, et ça lui suffisait.
Entre le mois de mars et les vacances de juillet de cette deuxième année à Rio, les relations consommées furent incorporées à notre quotidien. La plupart des fins de soirées se terminaient par une séance qui durait une trentaine de minutes, après quoi nous nous endormions immédiatement. Didier ne me suggérait jamais de faire la partie passive, ce qui me convenait. Il ne se féminisa pas non plus, mais son beau visage imberbe et quelque peu androgyne me permettait d'agir comme si j’étais en compagnie d’une fille. Je le masturbais pour qu’il jouît, et ça lui suffisait.
Je ne rompis pas avec Melissa et elle continuait de venir me voir à Rio, ce qui devint peu à peu insupportable pour Didier. Un beau jour, il me mit dos au mur et me pressa de choisir. Je choisis Melissa. La conséquence en fut qu’il décida de quitter notre studio. Il déménagea à la fin juin dans une résidence universitaire où, me dit-il, il pourrait s'éclater. Je le vis encore tous les jours pendant la quatrième période, après quoi il me communiqua qu’il quittait le génie civil pour essayer autre chose. Et il rentra à Friburgo.
Mon père me permit de garder le studio tout seul jusqu'à l’année suivante. Par chance, Melissa décida à son tour de faire ses études à Rio et vint vivre avec moi. Cela fait maintenant vingt ans que nous sommes mariés et j’ai décidé de faire publier ce récit qui raconte un moment sans doute important de ma vie.













Ouauh! C'est un texte de longue halaine, Marc! Tu nous fais ressentir un peu la chaleur des tropiques, ça fait du bien. Et bravo pour ton français qui n'a pas trop fondu au soleil!
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